Prévoyance professionnelle suisse : la nouvelle loi concernant les placements à risques

Il y a du nouveau dans le paysage de la prévoyance professionnelle suisse, et les gros salaires pourraient bien être les derniers à s’en réjouir. En effet, à partir du 1er octobre, ils devront assumer seuls les risques liés à leurs placements… La nouvelle loi, qui prévoit deux modifications essentielles concernant la gestion des risques pour les caisses de pension suisses, se propose, en revanche, de protéger les assurés misant sur des investissements sûrs.

Placements à risques des gros salaires : ancienne loi, nouvelle loi

Les assurés concernés ont deux caractéristiques : premièrement, leur tranche de salaire dépasse 126.900 francs suisses ; deuxièmement, ils ont une prédilection pour les placements à risques – d’autant plus qu’ils bénéficiaient à cet égard, du moins jusqu’à nouvel ordre, de la certitude de pouvoir disposer d’une prestation de sortie minimum. Or, bientôt, cette catégorie d’assurés ne pourra plus compter sur ce garde-fou. Un « gros salaire » victime d’un placement à risques ne pourra plus percevoir, à son départ de l’institut, que la valeur effective du capital correspondant au deuxième pilier. En compensation, s’il est vrai qu’il ne partagera plus les conséquences de ses prises de risques avec le collectif des assurés, il sera également le seul à percevoir une plus-value.

Gestion du risque, limitations et transparence

Afin de mieux encadrer la gestion du risque et ainsi que les assurés qui misent sur des placements considérés comme peu sûrs, chaque institut de prévoyance sera désormais tenu de proposer un maximum de 10 stratégies de placements à ses assurés. Il devra, en outre, fournir des informations claires et précises concernant les risques encourus, ainsi que leurs conséquences directes sur l’avoir de la prévoyance professionnelle de l’assuré. Cependant, ce dernier pourra effectuer le choix de ses stratégies de placement indépendamment de l’accord écrit de son conjoint.

Une politique qui se veut d’assurer de meilleures retraites

Les assurés seraient ainsi encouragés à miser plutôt sur des placements de qualité, hors de la zone de risque, afin de pouvoir bénéficier pleinement du capital accumulé au moment de leur départ à la retraite (ou avant, dans le cadre d’un achat immobilier par exemple). La seconde loi de cette rentrée 2017 concernant la prévoyance suisse va dans le même sens, en réduisant de moitié le montant des tranches de remboursement d’un retrait anticipé du capital pour cause d’achat immobilier (qui passent de 20.000 à 10.000 CHF). Encouragés à rembourser leur retrait, les assurés pourront ainsi compter, là encore, sur un meilleur capital au moment de leur pension.