Caisses de pension et investissements : l’après-crise

La grande crise financière de 2008 n’est pas si loin qu’on pourrait le croire. La preuve, ses stigmates sont toujours bien visibles, notamment en ce qui concerne les règles et les modalités des investissements, une tendance générale à laquelle les caisses de pension suisses ne font pas exception.

En quoi la crise a-t-elle affecté notre façon d’investir ?

D’une façon générale, notre façon d’investir a subi des changements profonds en l’espace de moins d’une décennie. Notamment, depuis que nous savons que tous les états ne sont pas toujours en mesure de rembourser leurs dettes, nous avons tendance à diversifier nos fonds. Même les obligations ont révélé leur vrai visage, à savoir qu’elles ne constituent plus cette garantie absolue que notre capital de départ, quoi qu’il arrive, sera préservé. Les emprunts rapportent-ils vraiment ? Nous n’en sommes plus si sûrs, car tout dépend de la conjoncture… Résultat : nous nous montrons de plus en plus prudents dans nos investissements, que nous nous efforçons de diversifier le plus possible ; un résultat qui, malheureusement, ne s’avère pas toujours payant.

Les nouvelles lois gouvernant les investissements des caisses de pension

Le comportement des caisses de pension suisses, des investisseurs majeurs dans le panorama financier helvète, reflète de très près les préoccupations de l’époque en matière d’investissement. Non seulement parce qu’il reflète, en toute logique, celui de la moyenne des investisseurs d’aujourd’hui, mais aussi parce que la loi astreint les caisses de prévoyance à toujours davantage de prudence. En effet, les nouvelles obligations qui entreront en vigueur le 1er octobre s’efforcent de lutter contre les investissements à risque pour les gros salaires, dont les conséquences seront désormais supportées par les seuls affiliés. Ces derniers n’auront plus droit, en outre, qu’à un maximum de dix stratégies de placement.

Une issue hors du cercle vicieux pour les caisses de pension ?

Mais ces mesures pourraient également commencer à créer, à long terme, une issue hors du cercle vicieux qui caractérise actuellement les investissements propres aux caisses de pension suisses : d’une part, des milliards d’emprunts souverains aux mains de certains investisseurs, de l’autre, des actifs qui, par voie de conséquence, offrent de moins en moins en moins d’actifs. Même si, pour vaincre ce marasme, il faudrait avant tout venir à bout des peurs générées par les conséquences de la crise et retourner vers une plus grande diversification des placements. Tout comme il faudrait renoncer, parallèlement, à certaines précautions plus ou moins superflues, comme l’achat d’obligations. Tirer des leçons de la crise, donc, oui, mais continuer à investir à l’ombre de son couperet, non…